Bruges veut casser la reproduction du moustique tigre avec 200 000 mâles stériles par semaine

8 septembre 2026--:--

Bruges veut casser la reproduction du moustique tigre avec 200 000 mâles stériles par semaine

8 septembre 2026--:--Kylian Bay · ©Bulletin Bordelais / Frédéric Giro & Clelia Olivia
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La Ville de Bruges s’engage dans une expérimentation de trois ans pour tenter de faire reculer le moustique tigre. À partir d’avril 2027, quelque 200 000 mâles stériles seront lâchés chaque semaine sur un secteur de 82 hectares, entre Villabois et Ausone. Un premier lâcher symbolique a eu lieu ce mardi 8 septembre avec Terratis.

Après un été plutôt calme en raison des fortes chaleurs, le moustique a fait un retour remarqué à Bruges avec les orages, et les habitants n’ont pas tardé à le faire savoir.

Bruges veut casser la reproduction du moustique tigre avec 200 000 mâles stériles par semaine
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« Depuis le 15 août, c’est très compliqué », reconnaît le maire Frédéric Giro, régulièrement interpellé sur le sujet.

Terrasses, jardins, fenêtres ouvertes : la présence du moustique est devenue une nuisance quotidienne dans certains quartiers.

« Tout ce qu’on pourra faire afin de lutter et de faire baisser la population du moustique, on le fera », assure l’élu.

La Ville a donc décidé d’expérimenter une méthode encore peu déployée à cette échelle dans le secteur : la technique de l’insecte stérile.

L’idée peut sembler paradoxale puisqu’elle consiste à lâcher des moustiques pour… avoir moins de moustiques. Mais uniquement des mâles, qui ne piquent pas, et qui ont été rendus stériles.

Bruges veut casser la reproduction du moustique tigre avec 200 000 mâles stériles par semaine

Bruges veut casser la reproduction du moustique tigre avec 200 000 mâles stériles par semaine
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82 hectares entre Villabois et Ausone

Frédéric Giro explique s’être intéressé à cette méthode avant son élection et avoir notamment regardé ce qui se faisait à l’étranger. Singapour, particulièrement avancé dans la lutte contre les moustiques par le contrôle de leur reproduction, a retenu son attention. Des échanges avaient alors commencé avec Terratis. Depuis avril, l’entreprise mène un travail préparatoire à Bruges afin d’étudier la présence du moustique tigre et d’identifier les secteurs les plus touchés.

C’est finalement une zone allant de Villabois à Ausone qui a été retenue. Elle représente environ 82 hectares, soit une partie importante du territoire communal. L’expérimentation doit durer trois ans. Ce mardi 8 septembre, seuls quelques moustiques ont été libérés pour symboliser le lancement du partenariat. Le dispositif à grande échelle commencera au printemps 2027.

200 000 moustiques par semaine et 60 points de lâcher

À partir d’avril prochain, les chiffres changeront complètement d’échelle.

« Ce sera une série de lâchers hebdomadaires, entre avril et octobre », explique Clelia Olivia, fondatrice de Terratis.

Chaque semaine, environ 200 000 moustiques tigres mâles stériles seront ainsi relâchés sur le secteur. Pour couvrir correctement les 82 hectares, 60 points de lâcher seront répartis dans le quartier. Les opérations seront notamment réalisées avec Altopictus (spécialiste de la surveillance et de la lutte contre le moustique tigre). Les équipes présentes chaque semaine auront également pour mission d’échanger avec les habitants, d’expliquer le dispositif et de rappeler les gestes qui permettent d’empêcher la reproduction du moustique. Le principe de la technique est relativement simple. Une fois libérés, les mâles stériles vont rechercher les femelles sauvages présentes dans le quartier et s’accoupler avec elles. Or, une femelle moustique tigre ne s’accouple qu’une seule fois au cours de sa vie.

« À chaque génération, on aura encore plus d’impact puisqu’on va empêcher la majorité des femelles de pondre » des œufs viables, explique Clelia Olivia.

En maintenant un nombre très important de mâles stériles chaque semaine, l’objectif est donc de réduire progressivement les nouvelles générations et, à terme, la population de moustiques tigres.

Des œufs, mais aucun nouveau moustique

Bruges veut casser la reproduction du moustique tigre avec 200 000 mâles stériles par semaine
©Bulletin Bordelais / Aurélie Dupeyron, Clelia Olivia, Frédéric Giro

Aurélie Dupeyron, technicienne en démoustification, précise le fonctionnement : la femelle qui s’est accouplée avec un mâle stérile continuera bien à pondre, mais ses œufs ne donneront rien.

« Elle va pondre des œufs qui sont vides. Il n’y a aucune descendance. »

Les mâles libérés ne vont donc pas créer une nouvelle population capable de se reproduire à son tour.

« S’il n’y a pas de nouvelle génération, il n’y a pas de risque de mutation derrière », ajoute la technicienne.

Autre particularité particulièrement intéressante pour mener une expérimentation à l’échelle d’un quartier : le moustique tigre se déplace relativement peu.

« En moyenne, il vole sur 150 mètres autour de son lieu de naissance », explique Aurélie Dupeyron.

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