« Chaque euro dépensé devra être utile » : le maire Frédéric Giro détaille ses priorités pour Bruges, au Bulletin Bordelais
©Bulletin Bordelais / Kylian Bay

 


À Bruges, le changement s’est joué dans les urnes. Quelques jours après sa victoire aux municipales 2026, Frédéric Giro prend place dans son bureau de maire et se prête au jeu de l’interview avec Le Bulletin Bordelais.

Le candidat de la liste Bruges à cœur s’est imposé dès le second tour avec 3 222 voix, devançant Fabienne Dumas et Michaël Gisquet, tandis que la participation a atteint 54,72 %. Un signal fort pour la commune girondine, qui semble prête à tourner une page et à accueillir un renouveau municipal. Information Le Bulletin Bordelais :

« Cette campagne a été une super expérience, vraiment », commence-t-il, un sourire aux lèvres.

« On a organisé plus de six ateliers dans les quartiers et les lieux publics, et ça nous a permis de construire notre programme. On a dévoilé 140 propositions, et chaque rencontre nous a donné de nouvelles idées. »

Puis il nuance vite :

« Bien sûr, ça a aussi été rude. Même si nous avons toujours respecté les autres listes, ce n’était pas toujours réciproque. Aujourd’hui, tout ce que je demande, c’est du respect. »

Et quand on l’interroge sur ses priorités pour la ville, Frédéric Giro devient plus concret :

« On veut vraiment animer les quartiers. Finaliser l’urbanisation du centre-ville, renforcer les commerces, garder une saison culturelle forte… Et surtout, Chaque euro dépensé devra être utile. »

Les questions financières le passionnent :

« La Chambre régionale des comptes a mené récemment un audit, et les premiers retours sont rassurants », assure-t-il.

L’environnement est également au cœur de son mandat.

« On va continuer à végétaliser les rues, créer de nouveaux parcs, développer des espaces de fraîcheur. L’idée, c’est qu’un espace vert soit accessible à moins de dix minutes de chaque habitation. »

Et les écoles ou infrastructures sportives ?

« On poursuit leur rénovation avec un vrai focus sur les performances énergétiques. »

La sécurité a été un thème central de la campagne. Frédéric Giro le dit sans détour :

« La police municipale compte huit agents, on veut passer à onze. Elle est équipée, armée, mais ses compétences restent limitées. Et puis, il faut que l’État nous accompagne : depuis la fermeture du commissariat du Bouscat, on manque de moyens. La police nationale doit pouvoir compléter notre action. »

Il ajoute qu’il souhaite doubler le nombre de caméras de vidéoprotection ( un peu moins de 70 actuellement) et relancer le Conseil Local de Sécurité avant l’été. Mais il insiste :

« Beaucoup d’actes se passent en journée. Il faut agir sur tout, avec des caméras mobiles et une vraie coordination. »

Et pour la jeunesse ? Frédéric Giro sourit :

« On a identifié un manque dans l’offre culturelle pour les 12-25 ans. On a fait une enquête pour comprendre ce qu’ils veulent vraiment. Il y aura des séjours pendant les vacances scolaires et une bourse aux projets. La ville financera, mais on demandera un engagement bénévole. C’est un vrai échange, ça crée du lien avec les associations. »

Les seniors ont aussi leur place :

« Le CCAS fait déjà beaucoup, mais on veut aller plus loin. Le service de transport à un euro sera renforcé, et on développera davantage d’animations pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer. On travaille aussi sur une mutuelle municipale pour réduire le coût de la santé. »

« Chaque euro dépensé devra être utile » : le maire Frédéric Giro détaille ses priorités pour Bruges, au Bulletin Bordelais
©Bulletin Bordelais

L’éclairage public a été un sujet sensible :

« Bruges a été l’une des premières villes à passer au 100 % LED avec télégestion, ce qui nous permet d’ajuster l’intensité et de faire des économies. Après consultation, on a rétabli l’éclairage nocturne complet pour répondre au sentiment d’insécurité, tout en modulant selon les horaires. Mais n’oublions pas qu’à Bruges beaucoup d’actes se passent en journée, donc il faut agir partout. »

La petite enfance et l’éducation restent des priorités.

« Pour l’instant, les effectifs en crèche se maintiennent, donc il n’est pas nécessaire d’augmenter les recrutements. Mais la politique éducative reste notre premier poste budgétaire, et nous continuons à soutenir pleinement les familles au quotidien. »

Le nouveau maire de Bruges ne manque pas de souligner une fierté locale :

« Nous avons à Bruges l’école la plus écologique de France, l’École Frida Kahlo. Dans cette continuité, nous allons rénover les écoles La Marianne et Jacques Prévert pour améliorer le confort, la sécurité et la qualité des apprentissages. »

Sur l’accueil de loisirs, la logique est celle de l’adaptation :

« Chaque fois que de nouvelles familles s’inscrivent, nous recrutons si nécessaire des animateurs, tout en maintenant nos tarifs solidaires, proposés depuis près de quinze ans. Nous allons aussi viser un approvisionnement 100 % bio et local dans les crèches. »

Enfin, le multisport périscolaire fait l’objet d’une attention particulière :

« Le multisport connaît un succès grandissant, mais il manque des places. Nous allons augmenter la jauge d’accueil pour que toutes les familles puissent en profiter pleinement. »

Frédéric Giro détaille ensuite ses premières mesures. Il commence par un sujet du quotidien : le distributeur de billets.

« Le secteur du Tasta est aujourd’hui dépourvu de ce service, ce qui complique la vie de beaucoup de personnes, surtout les seniors. Installer un distributeur là-bas, ce n’est pas juste pratique, c’est rendre un service essentiel aux habitants. »

La municipalité entend aussi s’attaquer à la problématique des moustiques, très présente dans certaines zones de la ville.

« On va expérimenter des solutions innovantes, comme la libération de mâles stériles. C’est une méthode écologique et efficace, qui permet de réduire la population sans pesticides. On veut vraiment montrer que l’on peut concilier santé publique et respect de l’environnement. »

La culture et les loisirs restent au cœur de ses priorités. Le festival Open Air, programmé en septembre, sera l’un des premiers événements phares du mandat.

« C’est un moment de fête et de rassemblement pour tous les habitants, un moyen de dynamiser la ville. »

Le parc Ausone, quant à lui, sera ouvert tous les jours.

« C’est un lieu qui plaît énormément, pour les familles, les sportifs, ou simplement ceux qui veulent profiter d’un peu de verdure. En l’ouvrant toute la semaine, on veut que chacun puisse en profiter, quel que soit son emploi du temps. »

L’attention portée aux infrastructures sportives se traduit notamment par la création d’une nouvelle salle de sport dans le secteur Daugère à Bruges, dont l’ouverture est prévue pour début juillet 2026.

« On veut encourager la pratique sportive de proximité, faciliter l’accès aux équipements et proposer des activités pour tous. »

Le volet culturel n’est pas oublié. L’espace Treulon, cœur culturel de la ville, sera rénové pour offrir de meilleures conditions aux associations, aux artistes et aux habitants.

« C’est un lieu qui a beaucoup de potentiel, et nous voulons qu’il retrouve toute sa place dans la vie culturelle de Bruges. »

Enfin, pour dynamiser le centre-ville et le rendre plus attractif, une nouvelle guinguette sera installée sur la place Jean Moulin, dans le secteur de Tasta, et un projet d’aménagement global du quartier sera lancé.

« La guinguette, c’est un endroit où les habitants pourront se rencontrer, se détendre, partager des moments conviviaux. Et l’aménagement du centre-ville vise à rendre l’espace public plus agréable, plus accessible, avec plus de vie et de commerces.  Chaque action a son sens et s’inscrit dans un projet global pour la ville. On ne veut pas juste cocher des cases, mais améliorer réellement le quotidien des habitants et rendre Bruges plus agréable à vivre. »

Quand on lui demande dans quel état il a trouvé la municipalité, il se montre rassurant :

« Les finances sont saines. On pourra investir au moins 51 millions d’euros sur le mandat. La principale difficulté vient des contraintes de l’État : les budgets doivent être équilibrés, ce qui complique les choses. »

Et pour conclure, Frédéric Giro l’affirme avec conviction :

« Je serai le maire de tous les habitants de Bruges, un maire de proximité, à plein temps et disponible. Mon équipe est responsable et ouverte au dialogue. On veut mettre en œuvre nos 140 propositions sans oublier aucun quartier, et en prenant le temps de bien faire les choses. »

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