« 100 jours sans l’essentiel » : les véritables priorités pour Bordeaux attendent toujours

Bordeaux, le 3 juillet 2026 

Thomas Cazenave promettait d’agir vite et fort. 100 jours plus tard, aucune vision  structurante de Bordeaux ne se dessine de la part de la nouvelle majorité municipale. Les  bordelais·es sont les témoins d’une succession de séquences médiatiques sans lendemain. 

Pire encore, les seules actions initiées ont souvent été pensées plus pour caricaturer la  précédente mandature que pour dessiner un projet d’avenir. 

Face à la crise climatique et sociale que nous affrontons, nous, élu·e·s d’opposition, ne  pouvons-nous satisfaire de la faiblesse des politiques mises en place par la nouvelle  majorité municipale.  

Des promesses de campagne vite abandonnées  

La campagne municipale de Thomas Cazenave s’est construite autour d’annonces court termistes destinées à séduire l’électorat. Plusieurs de ces mesures ont déjà disparu des 100 jours  : Bordeaux « capitale européenne de la culture », les deux heures de stationnement gratuit dans  les parkings du centre-ville ou la création d’une force d’intervention rapide propreté. 

Certaines de ces promesses étaient irréalisables dès leur formulation. Ainsi, Bordeaux ne pouvait  prétendre au label de Capitale européenne de la culture avant 2043, le calendrier européen étant  déjà arrêté.  

D’autres annonces étaient en fait trop coûteuses (les deux heures de stationnement gratuit) ou  prolongeaient simplement des dispositifs déjà engagés par la précédente majorité (les actions  coups de poing propreté).  

Ce décalage interroge sur la sincérité des engagements pris devant les électeurs et témoigne, a  posteriori, d’une campagne davantage tournée vers la conquête du pouvoir à tout prix que vers la  préparation consciencieuse d’un mandat municipal. 

Plus éclairant encore, cette séquence des « 100 jours » fut largement consacrée à des mesures  médiatiques et clivantes comme le rallumage de l’éclairage public, le désherbage des trottoirs ou  la suppression de bancs publics. 

Thomas Cazenave n’a jamais communiqué explicitement sur le coût des 100 jours. Mais toutes  ces mesures représentent au total entre 2,5 et 3 millions d’euros. En allouant ces montants à sa propre stratégie de communication il ne permet pas à d’autres projets d’exister ou d’advenir. C’est

irresponsable. Il est pour le moins ironique de dénoncer quotidiennement la dégradation des  finances publiques tout en consacrant plusieurs millions d’euros à des opérations qui ne  serviront pas les habitant.es de Bordeaux.  

Vers des jours « sans » 

Ces cent premiers jours interpellent également par la hiérarchisation des priorités par la nouvelle  majorité. Derrière l’accumulation de mesures anecdotiques et non coordonnées, plusieurs  enjeux majeurs demeurent totalement absents. 

Alors que Bordeaux et sa métropole traversent une crise profonde du logement, aucune mesure  structurante n’a été annoncée sur ce sujet et Thomas Cazenave tergiverse sur l’encadrement des  loyers.  

Après deux épisodes caniculaires inédits en moins d’un mois, sa vision de l’adaptation au  changement climatique demeure tout aussi marginale. Là où le changement climatique impose  plus que jamais une remise en question profonde de nos modes de vie, la majorité municipale  donne l’impression d’improviser et de revenir en arrière sur la nécessaire adaptation au  changement climatique (abandon des cours d’écoles végétalisées, moratoire sur les projets de  végétalisation). 

Tout aussi inquiétant, les questions d’égalité, de lutte contre les discriminations, de santé  publique, accès aux droits, solidarités ou de culture sont également reléguées au second plan. 

Enfin, là où le candidat Cazenave promettait de « protéger le pouvoir d’achat » certaines de ses  premières décisions vont toujours plus pénaliser les plus défavorisés (fin de la gratuité des  fournitures scolaires, augmentation des tarifs d’équipements municipaux)  

Ces absences ne relèvent pas du hasard. Elles témoignent d’une action privilégiant les coups  médiatiques et la satisfaction d’intérêts particuliers plutôt que les politiques de transformation  qui exigent du temps, de la constance et des efforts.  

Plus de trois mois après l’élection de Thomas Cazenave, nous réaffirmons que Bordeaux ne peut  plus faire « sans » :  

  • Sans adaptation au changement climatique 
  • Sans justice sociale 
  • Sans solidarité entre les générations  
  • Sans démocratie qui construit réellement avec les citoyens 
  • Sans une économie sociale et solidaire qui place l’humain avant le profit Sans culture, qui rassemble et émancipe 
  • Sans nature en ville, pour mieux vivre et mieux respirer 

Les premiers marqueurs de la méthode Cazenave : brutalité et austérité La méthode employée depuis l’installation de la nouvelle majorité est tout aussi préoccupante. 

Quelques semaines seulement après son élection, Thomas Cazenave a choisi de construire un  récit alarmiste sur les finances de la ville pour justifier ses futurs renoncements et les politiques  d’austérité qu’il déploiera à Bordeaux. 

Plutôt que d’expliquer la réalité des indicateurs, leurs limites et les choix politiques qu’ils  traduisent, la majorité a préféré installer le récit d’une ville comme un champ de ruines ou au bord  du gouffre.  

Ce récit prépare une idée simple : Bordeaux n’aurait plus d’autre choix que de réduire ses  investissements et ses services publics. Cette austérité apparaît inéluctable, quasi scientifique,  alors même qu’elle est un choix politique assumé de la nouvelle majorité. Et ce alors que nous  savons, avec plus de quinze ans de recul en Europe, que les politiques d’austérité budgétaire sont  une impasse : loin de rétablir durablement les finances publiques, elles creusent les inégalités  sociales, fragilisent les services publics et affaiblissent la cohésion de nos sociétés 

Cet exemple de l’audit financier est révélateur d’une manière particulière de gouverner :  construire d’abord un récit politique puis rechercher les éléments susceptibles de le justifier. Ce  n’est plus le réel qui guide la communication mais la communication qui organise la lecture du  réel.  

La brutalité de ce nouveau pouvoir municipal transparaît également dans son champ lexical. Fait  de « reconquête », de « Plan Marshall », « d’efficacité », de « résultats » ou de « force ». Une vision  belliqueuse et conquérante dans laquelle la collectivité locale s’administre comme une start-up. 

Là où un maire devrait être le garant de l’intérêt général et du service public, Thomas Cazenave  paraît d’abord déployer l’action municipale à l’aune de son gain médiatique à court terme plutôt  que de son utilité sociale, écologique ou démocratique.  

Ces cent premiers jours ne permettent pas de juger un bilan, mais ils révèlent déjà une  pratique de la politique brutale, austère et inadaptée aux défis actuels. 

De notre côté nous privilégierons toujours une ville qui protège et crée du lien. Une ville qui  propose des réponses aux défis structurants de notre temps comme l’adaptation au  changement climatique, le logement, la solidarité, la culture, les services publics ou encore  les inégalités territoriales. Une ville qui a une vision pour l’avenir.  

 

Écologie & Solidarités
Bordeaux Avenir Écologique et Solidaire

www.bordeaux.fr
Hôtel de ville, place Pey-Berland
33045 Bordeaux cedex

© Bulletin Bordelais

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« 100 jours sans l’essentiel » : les véritables priorités pour Bordeaux attendent toujours

Bordeaux, le 3 juillet 2026 

Thomas Cazenave promettait d’agir vite et fort. 100 jours plus tard, aucune vision  structurante de Bordeaux ne se dessine de la part de la nouvelle majorité municipale. Les  bordelais·es sont les témoins d’une succession de séquences médiatiques sans lendemain. 

Pire encore, les seules actions initiées ont souvent été pensées plus pour caricaturer la  précédente mandature que pour dessiner un projet d’avenir. 

Face à la crise climatique et sociale que nous affrontons, nous, élu·e·s d'opposition, ne  pouvons-nous satisfaire de la faiblesse des politiques mises en place par la nouvelle  majorité municipale.  

Des promesses de campagne vite abandonnées  

La campagne municipale de Thomas Cazenave s'est construite autour d'annonces court termistes destinées à séduire l’électorat. Plusieurs de ces mesures ont déjà disparu des 100 jours  : Bordeaux « capitale européenne de la culture », les deux heures de stationnement gratuit dans  les parkings du centre-ville ou la création d’une force d’intervention rapide propreté. 

Certaines de ces promesses étaient irréalisables dès leur formulation. Ainsi, Bordeaux ne pouvait  prétendre au label de Capitale européenne de la culture avant 2043, le calendrier européen étant  déjà arrêté.  

D'autres annonces étaient en fait trop coûteuses (les deux heures de stationnement gratuit) ou  prolongeaient simplement des dispositifs déjà engagés par la précédente majorité (les actions  coups de poing propreté).  

Ce décalage interroge sur la sincérité des engagements pris devant les électeurs et témoigne, a  posteriori, d’une campagne davantage tournée vers la conquête du pouvoir à tout prix que vers la  préparation consciencieuse d’un mandat municipal. 

Plus éclairant encore, cette séquence des « 100 jours » fut largement consacrée à des mesures  médiatiques et clivantes comme le rallumage de l'éclairage public, le désherbage des trottoirs ou  la suppression de bancs publics. 

Thomas Cazenave n'a jamais communiqué explicitement sur le coût des 100 jours. Mais toutes  ces mesures représentent au total entre 2,5 et 3 millions d’euros. En allouant ces montants à sa propre stratégie de communication il ne permet pas à d’autres projets d’exister ou d’advenir. C’est

irresponsable. Il est pour le moins ironique de dénoncer quotidiennement la dégradation des  finances publiques tout en consacrant plusieurs millions d'euros à des opérations qui ne  serviront pas les habitant.es de Bordeaux.  

Vers des jours « sans » 

Ces cent premiers jours interpellent également par la hiérarchisation des priorités par la nouvelle  majorité. Derrière l'accumulation de mesures anecdotiques et non coordonnées, plusieurs  enjeux majeurs demeurent totalement absents. 

Alors que Bordeaux et sa métropole traversent une crise profonde du logement, aucune mesure  structurante n'a été annoncée sur ce sujet et Thomas Cazenave tergiverse sur l'encadrement des  loyers.  

Après deux épisodes caniculaires inédits en moins d’un mois, sa vision de l'adaptation au  changement climatique demeure tout aussi marginale. Là où le changement climatique impose  plus que jamais une remise en question profonde de nos modes de vie, la majorité municipale  donne l’impression d’improviser et de revenir en arrière sur la nécessaire adaptation au  changement climatique (abandon des cours d’écoles végétalisées, moratoire sur les projets de  végétalisation). 

Tout aussi inquiétant, les questions d'égalité, de lutte contre les discriminations, de santé  publique, accès aux droits, solidarités ou de culture sont également reléguées au second plan. 

Enfin, là où le candidat Cazenave promettait de « protéger le pouvoir d’achat » certaines de ses  premières décisions vont toujours plus pénaliser les plus défavorisés (fin de la gratuité des  fournitures scolaires, augmentation des tarifs d’équipements municipaux)  

Ces absences ne relèvent pas du hasard. Elles témoignent d’une action privilégiant les coups  médiatiques et la satisfaction d’intérêts particuliers plutôt que les politiques de transformation  qui exigent du temps, de la constance et des efforts.  

Plus de trois mois après l’élection de Thomas Cazenave, nous réaffirmons que Bordeaux ne peut  plus faire « sans » :  

  • Sans adaptation au changement climatique 
  • Sans justice sociale 
  • Sans solidarité entre les générations  
  • Sans démocratie qui construit réellement avec les citoyens 
  • Sans une économie sociale et solidaire qui place l'humain avant le profit Sans culture, qui rassemble et émancipe 
  • Sans nature en ville, pour mieux vivre et mieux respirer 

Les premiers marqueurs de la méthode Cazenave : brutalité et austérité La méthode employée depuis l'installation de la nouvelle majorité est tout aussi préoccupante. 

Quelques semaines seulement après son élection, Thomas Cazenave a choisi de construire un  récit alarmiste sur les finances de la ville pour justifier ses futurs renoncements et les politiques  d’austérité qu’il déploiera à Bordeaux. 

Plutôt que d'expliquer la réalité des indicateurs, leurs limites et les choix politiques qu'ils  traduisent, la majorité a préféré installer le récit d'une ville comme un champ de ruines ou au bord  du gouffre.  

Ce récit prépare une idée simple : Bordeaux n'aurait plus d'autre choix que de réduire ses  investissements et ses services publics. Cette austérité apparaît inéluctable, quasi scientifique,  alors même qu’elle est un choix politique assumé de la nouvelle majorité. Et ce alors que nous  savons, avec plus de quinze ans de recul en Europe, que les politiques d'austérité budgétaire sont  une impasse : loin de rétablir durablement les finances publiques, elles creusent les inégalités  sociales, fragilisent les services publics et affaiblissent la cohésion de nos sociétés 

Cet exemple de l’audit financier est révélateur d’une manière particulière de gouverner :  construire d'abord un récit politique puis rechercher les éléments susceptibles de le justifier. Ce  n'est plus le réel qui guide la communication mais la communication qui organise la lecture du  réel.  

La brutalité de ce nouveau pouvoir municipal transparaît également dans son champ lexical. Fait  de « reconquête », de « Plan Marshall », « d’efficacité », de « résultats » ou de « force ». Une vision  belliqueuse et conquérante dans laquelle la collectivité locale s’administre comme une start-up. 

Là où un maire devrait être le garant de l'intérêt général et du service public, Thomas Cazenave  paraît d'abord déployer l'action municipale à l'aune de son gain médiatique à court terme plutôt  que de son utilité sociale, écologique ou démocratique.  

Ces cent premiers jours ne permettent pas de juger un bilan, mais ils révèlent déjà une  pratique de la politique brutale, austère et inadaptée aux défis actuels. 

De notre côté nous privilégierons toujours une ville qui protège et crée du lien. Une ville qui  propose des réponses aux défis structurants de notre temps comme l’adaptation au  changement climatique, le logement, la solidarité, la culture, les services publics ou encore  les inégalités territoriales. Une ville qui a une vision pour l'avenir.  

 
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