En déplacement à Bordeaux ce lundi 27 juillet, Emmanuel Macron est venu témoigner du soutien de la Nation aux milliers de femmes et d’hommes mobilisés contre le mégafeu de Gironde. Aux côtés du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, de la préfète Sophie Brocas, du président du Département de la Gironde Jean-Luc Gleyze, et des autorités locales, le chef de l’État a salué l’engagement exceptionnel des secours, tout en promettant que l’État restera présent « dans la durée », bien après l’extinction des flammes.
Dès son arrivée, le président de la République a commencé par rendre hommage aux sapeurs-pompiers morts ces derniers jours dans la lutte contre les incendies. Une pensée appuyée pour leurs familles et leurs collègues, avant d’adresser ses remerciements à l’ensemble des acteurs mobilisés : sapeurs-pompiers, militaires, policiers, gendarmes, soignants, services de l’État, élus locaux, bénévoles, forestiers, agents de la DFCI, entreprises de travaux publics, commerçants et habitants solidaires.
« Toute la Nation est derrière vous », a-t-il résumé, en saluant une mobilisation nationale et européenne qu’il juge sans précédent.
Des colonnes de renfort venues de toute la France ainsi que des moyens aériens européens sont venus renforcer le dispositif déployé en Gironde.
Le chef de l’État n’a pas cherché à minimiser la situation. Il a décrit un incendie « totalement inédit », alimenté par une sécheresse exceptionnelle, des températures élevées et des vents particulièrement instables.
Selon lui, la France traverse « la situation la plus difficile depuis la Seconde Guerre mondiale » en matière d’incendies de forêt, avec plus de 160 000 hectares déjà partis en fumée depuis le début de la saison, alors même que l’été est loin d’être terminé. Emmanuel Macron a également évoqué le phénomène météorologique rare de pyrocumulonimbus, ces immenses nuages générés par les incendies capables de modifier brutalement le comportement du feu et de provoquer des reprises extrêmement dangereuses.
« Les semaines à venir seront dures. On doit tenir », a-t-il prévenu, estimant que la journée de mardi pourrait s’annoncer encore plus compliquée en raison du retour attendu de fortes chaleurs et de vents favorables à la propagation des flammes.
« La priorité, ce sont les vies humaines »
Face aux critiques suscitées par les évacuations massives, Emmanuel Macron a assumé les décisions prises par les autorités.
« Quand il faut déplacer des populations pour sauver des vies, on le fait. Quand il faut sacrifier de la forêt ou des biens matériels pour sauver des vies, on le fait. »
Le président a rappelé que plus de 200 000 personnes ont dû être évacuées, une opération d’une ampleur exceptionnelle. Il a toutefois salué le travail des secours qui, selon lui, a permis de préserver la population malgré la violence du sinistre. Il a également insisté sur le modèle français de lutte contre les incendies, rappelant que le travail des colonnes de pompiers au sol reste, selon lui, la véritable clé pour stabiliser un feu, les moyens aériens venant en appui de cette stratégie.
Au-delà du combat contre les flammes, Emmanuel Macron a longuement évoqué la situation des habitants contraints de quitter leur domicile. Il a reconnu la sidération, la peur, mais aussi la colère qui gagnent les communes sinistrées. Il a également salué le rôle des maires, confrontés à des évacuations parfois organisées en pleine nuit et désormais aux inquiétudes de leurs administrés. Le chef de l’État a annoncé que l’accompagnement des personnes déplacées se poursuivra aussi longtemps que nécessaire, avec un accent particulier sur le soutien psychologique, qu’il considère comme un enjeu majeur dans les semaines à venir. Il a également demandé une vigilance renforcée concernant la qualité de l’air, fortement dégradée par les fumées, en particulier pour les personnes les plus vulnérables.
Une aide économique et des indemnisations accélérées
Le président a confirmé l’activation d’une cellule nationale destinée à accompagner les secteurs économiques frappés de plein fouet par la catastrophe. Agriculteurs, commerçants, industriels, entreprises forestières, artisans et professionnels du tourisme pourront bénéficier d’un suivi spécifique. Parallèlement, les dispositifs d’assurance doivent être accélérés afin de permettre aux familles sinistrées d’être indemnisées le plus rapidement possible. Emmanuel Macron a rappelé que plus de 200 habitations ont déjà été détruites, annonçant que les premières mesures de relogement et de reconstruction seraient engagées sans attendre la fin complète de la crise.
« Il y aura un jour d’après »
Si le président a indiqué qu’un retour d’expérience serait bien organisé, il a estimé que « ce n’est pas le moment » d’ouvrir les débats sur les responsabilités alors que les secours restent engagés.
« On ne fait pas le retour d’expérience en plein milieu de la bataille. On reste unis et on se bat pour gagner cette bataille », a-t-il déclaré.
Mais Emmanuel Macron a déjà commencé à dessiner les contours de l’après.
« Il y aura un jour d’après. Il sera forcément différent. »
Pour lui, la reconstruction ne se limitera pas aux maisons détruites. La forêt girondine devra également être repensée afin de mieux résister aux conséquences du changement climatique et à l’évolution des territoires. « On devra replanter et rebâtir une forêt différente », a-t-il affirmé, estimant que les massifs forestiers devront désormais être adaptés à des incendies appelés à devenir plus fréquents et plus violents.
En conclusion, le chef de l’État a réaffirmé que la Nation resterait aux côtés de la Gironde « pour résister, reconstruire et rebâtir », promettant un suivi régulier du gouvernement une fois l’urgence passée. « On va gagner ensemble cette bataille », a-t-il assuré devant les forces engagées sur le front des incendies.
Aussi à lireVoyageurs TER : des perturbations durables sur plusieurs lignes au départ de Bordeaux
suivre Le Bulletin Bordelais




