Communiqué de presse : Mise au point relative à des accusations publiques suite au partage d’un article d’information sur un camp de gens du voyage à Parempuyre
©Bulletin Bordelais / Kylian Bay

Ce jeudi 23 avril en fin de matinée, le Bulletin Bordelais s’est intéressé à une arrivée de caravanes à la plaine des sports de Parempuyre, où une communauté de gens du voyage s’est installée depuis la veille. Plus d’une cinquantaine de caravanes occupent désormais un espace jouxtant le terrain de football, sans empiéter sur les installations sportives à proprement parler. Une présence discrète dans son implantation, mais qui n’en suscite pas moins des interrogations de toutes sortes dans la commune.

La veille, mercredi 22 avril, la Ville de Parempuyre a publié une info sur ses réseaux sociaux, précisant que « cette installation s’est effectuée en raison de l’absence d’ouverture des aires dédiées par Bordeaux Métropole ». Notre homologue à la municipalité indique également que des mesures ont été mises en place concernant la gestion des déchets et l’accompagnement lié à cette installation. Une réaction rapide de l’équipe d’Henri Lagarrigue, qui tranche avec le silence que ces situations génèrent habituellement.

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©Bulletin Bordelais

Sur place, l’ambiance est calme. Entre les caravanes, de jeunes enfants jouent et des adultes s’affairent. Nous avons pu échanger avec le patriarche de cette communauté, puis avec son gendre, Antoine Flores, qui a accepté de répondre à nos questions avec une grande franchise.

Quand êtes-vous arrivés sur la commune de Parempuyre ?

« Nous sommes arrivés mercredi 22 avril, donc hier. L’endroit où nous étions auparavant était insalubre et nous ne voulions pas y rester plus longtemps, ce n’était plus possible. Les conditions d’accueil n’étaient pas optimales. Malgré la bonne volonté du monsieur qui nous a accueillis pendant un mois, le sol est devenu instable car il n’était pas adapté à une telle installation — ce n’était pas une aire de grand passage. Pour nous, c’était une solution d’attente, le temps de trouver autre chose. Je tiens d’ailleurs à remercier cet homme. Malheureusement, en région bordelaise comme partout en France, il y a très peu de solutions et très peu de places pour accueillir notre communauté. Du coup, on est parfois obligés de s’installer sans autorisation. Mais je tiens à préciser que ça nous peine beaucoup, autant qu’aux collectivités qui nous voient arriver dans de telles circonstances. Ce genre de situation est extrêmement compliquée. »

Un départ contraint donc, et une arrivée sous tension: ce schéma, Antoine Flores le connaît par cœur. Avant Parempuyre, c’est près de Cadaujac que la communauté avait trouvé refuge, accueillie par un particulier sur un terrain qui n’était pas conçu pour cela.

Quels sont, selon vous, les principaux manques en termes d’infrastructures pour garantir un accueil digne des gens du voyage, à Parempuyre, mais aussi dans les autres communes de la métropole bordelaise ?

« Ce qui manque, ce sont des aires de grand passage. Comme vous le savez, la loi Besson oblige les communes de plus de 5 000 habitants à participer à un schéma départemental d’accueil, à prévoir des aires d’accueil permanentes et à contribuer à la création d’aires de grand passage. À ce jour, le nombre de communes qui appliquent réellement cette loi reste très infime, et c’est ce qui provoque cette situation problématique. Si toutes les communes respectaient la législation, je crois qu’il n’y aurait pas de difficultés avec l’accueil des gens du voyage. Nous, on souhaite que la loi soit respectée — sinon, comment voulez-vous qu’on s’en sorte ? En l’état, ce n’est pas possible. Dans la métropole bordelaise et autour, il manque clairement d’aires d’accueil. Et malheureusement, quand certains font l’effort de mettre un lieu à notre disposition, il n’est souvent pas adapté. C’est viable quelques jours, quelques mois peut-être, mais ensuite ça ne tient plus en raison du manque d’entretien et d’infrastructure. »

La loi Besson, adoptée en 2000, souffle cette année ses vingt-six bougies. Un quart de siècle d’existence, et pourtant son application reste largement lacunaire sur le territoire français. En Gironde comme ailleurs, le nombre d’aires de grand passage conformes aux exigences légales est notoirement insuffisant. Ce vide juridique de fait pousse des milliers de familles à errer de commune en commune, contraintes à des installations sauvages que personne — ni les élus, ni les voyageurs eux-mêmes — ne souhaite.

Et concernant votre installation à Parempuyre, comment ça s’est passé ?

« À notre arrivée, on nous a bloqué le passage. Malheureusement, on est toujours obligés de s’introduire comme ça, et c’est très humiliant. On a l’impression d’être des sous-citoyens, obligés de “voler nos droits”. Et en plus, on n’a déjà pas une très belle image auprès du grand public. Quand le voisinage nous voit arriver de cette façon, les gens doivent se dire “les gitans se croient tout permis” — et je les comprends. Mais en vérité, il y a un problème à l’échelle nationale pour tout le monde.

Une fois qu’on s’est entendus avec M. le maire Henri Lagarrigue, la situation s’est arrangée et c’est comme un petit village que nous venons de former. Nous avons convenu d’une entente avec contrepartie — un don financier qui ira au CCAS — et nous sommes tout à fait d’accord avec cela.»

Un passage en force, puis un dialogue. C’est finalement l’issue qui a prévalu à Parempuyre. Le maire Henri Lagarrigue a choisi la voie de la négociation plutôt que celle du bras de fer juridique — une posture qui a permis d’aboutir à un accord assorti d’une contribution volontaire au Centre Communal d’Action Sociale.

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Si vous aviez un message à adresser à l’ensemble des maires de la métropole bordelaise, et du département de la Gironde, pour améliorer les conditions d’accueil des gens du voyage, ce serait lequel ?

« Nous sommes près de 40 000 gens du voyage dans ma communauté en France, et malheureusement on est encore mis de côté. On ne s’occupe pas suffisamment de nous. Ce qu’il faut comprendre, c’est que nous sommes aussi français. Nos grands-parents ont combattu aux côtés des Français pendant la guerre. Quand l’équipe de France de football gagne, on rit et on festoie avec les Français. On pleure aussi avec nos compatriotes  français lors des attentats. Mais au moment de faire respecter nos droits, la France ne nous respecte pas.

Nous aussi, on paie le carburant pour nos véhicules et on est tout autant touchés que les habitants des communes par la récente crise pétrolière liée au conflit entre les États-Unis et l’Iran. Et même en tant que gens du voyage, on paie des impôts, on a des cartes d’électeur et on vote. Mais tout ce que nous voyons, c’est que nos impôts vont dans les caisses communales ou nationales, sans aucun retour pour nous.

Quelle est la part des impôts payés par les gens du voyage, qui contribue à améliorer nos conditions de vie ? Je ne la vois pas. Nous ne la voyons pas. Ici à Parempuyre, la commune a la chance d’avoir un beau stade avec de belles installations sportives pour ses habitants. Ce que je veux dire, c’est que les communes investissent beaucoup d’argent pour le bien-être des Français — mais quand il s’agit d’investir pour des aires de grand passage, là ça devient carrément problématique.

Ce qu’on demande, ce n’est pas compliqué : un espace d’accueil adapté pour pouvoir vivre dignement, en conservant nos coutumes et notre manière de vivre. Je demande aux maires des communes de la métropole bordelaise et de Gironde d’en tenir compte.

Les responsables politiques ne parlent jamais de nous. On a l’impression que les impôts que nous payons n’ont aucune incidence sur l’amélioration de nos conditions de vie — c’est une injustice. Bien souvent, ces mêmes responsables continuent de nous stigmatiser, ce qui contribue à ce que les populations nous rabaissent. Pourtant, nous sommes des êtres humains, nous avons des droits, et la loi Besson encadre cela depuis bientôt trois décennies.

Ce que nous observons aussi, c’est que le discours politique tourne toujours autour du “renforcement” des dispositifs pour empêcher les installations sauvages des gens du voyage. Nous trouvons ça très méprisant. On préfèrerait que les communes travaillent avec nous pour trouver des solutions, faire respecter la loi, et nous permettre d’être accueillis sur des aires de grand passage pour enfin vivre dignement.

Nos enfants sont scolarisés — ils suivent une scolarité à distance — donc ils ne sont pas illettrés, comme certains peuvent le penser.

Depuis notre arrivée à Parempuyre, nous savons que la situation prive peut-être certains enfants et parents de la commune de l’accès au stade. Et sachez que ça nous embête aussi, car nous ne voulons pas de problème — nous avons des enfants, nous aussi, qui veulent jouer et vivre leur vie d’enfant.

Nous sommes installés sur une parcelle d’herbe qui n’empêche pas directement la jouissance des installations sportives, mais ça nous dérange malgré tout, parce que ça renvoie une mauvaise image de nous. »

Le ton oscille légèrement en reprenant une teinte plus émotive, quand Antoine Flores évoque la question fiscale et citoyenne. Il y a là une fierté blessée, celle d’hommes et de femmes qui se sentent français à part entière mais traités comme des étrangers dans leur propre pays. La référence à la guerre, aux attentats, aux matchs de l’équipe de France n’est pas anodine : c’est une façon de rappeler une appartenance que personne ne leur reconnaît vraiment.

En ce qui concerne les termes de votre installation, avez-vous une visibilité sur la suite ?

« Malheureusement non, c’est toujours une course contre la montre de toute façon. Nous sommes parvenus à un accord avec la municipalité de Parempuyre qui nous autorise à rester ici une quinzaine de jours. Une fois cette échéance passée, nous ne savons pas ce que nous allons devenir. À peine arrivés que nous commençons déjà à chercher une solution pour la suite. Quand on demande des autorisations d’installation, c’est en général refusé par les communes — c’est un cercle vicieux. À chaque fois, c’est le même combat. C’est épuisant, et humiliant pour nous.»

Quinze jours. C’est le sursis obtenu. Derrière cette échéance, le vide. Nulle part où aller de façon certaine, aucune commune à ce jour prête à ouvrir ses bras au-delà de cette date. La communauté dont fait partie Antoine Flores cherche déjà son prochain point de chute.

Avez-vous autre chose à ajouter ?

« Il ne faut pas s’attarder à nous stigmatiser. On nous juge souvent sans savoir, et il serait bien plus utile, pour l’opinion publique, d’essayer de comprendre le pourquoi du comment. Comment notre communauté, comme d’autres, galère encore à pouvoir s’établir, en raison du manque d’aires de grand passage qui manquent cruellement en Gironde et en France.

Nous ne sommes pas un peuple guerrier qui cherche à conquérir quoi que ce soit. La seule chose que nous voulons, c’est vivre en paix, tranquillement, et sans faire de mal à personne. »

  1. Contrairement à ce que Mr Kylian Bay a écrit, son article publié sur le goupe Parempuyre! , via un faux profil, n’a pas été supprimé. Merci de bien vouloir faire modifier ses propos qui sont faux.

    1. Madame Couvidou,

      Je fais suite à votre commentaire afin d’apporter des précisions claires.

      Je tiens à affirmer sans ambiguïté que je n’ai jamais créé de faux compte Facebook dans le but d’interagir, de quelque manière que ce soit, avec votre groupe « Parempuyre! ». En tant que journaliste et dirigeant d’un média de presse, je n’ai ni l’intérêt ni le besoin de recourir à ce type de pratiques. Le Bulletin Bordelais constitue à lui seul un canal de diffusion suffisamment structuré pour relayer des informations d’intérêt public à l’échelle du département de la Gironde.

      Toutefois, s’agissant d’un fait divers localisé à Parempuyre, il me semble légitime que les habitants concernés puissent en être informés aussi via votre groupe facebook.

      Par ailleurs, je constate que mon compte Facebook « Kylian Bulletin Bordelais » semble avoir été bloqué, m’empêchant désormais d’accéder à votre groupe. Cette situation, combinée aux retours récurrents que j’ai pu recevoir ces dernières semaines concernant la suppression de publications d’intérêt public — notamment durant la période des élections municipales 2026 — soulève, à mon sens, de réelles interrogations. De telles pratiques peuvent apparaître en décalage avec les principes de liberté d’expression et d’équité dans l’accès à l’information.

      En ma qualité de responsable d’un média de presse, je me permets donc de vous répondre publiquement, non dans une démarche de polémique ou de diffamation, mais simplement pour rétablir des faits et éclairer les lecteurs.

      Enfin, je m’étonne du ton employé à mon égard. Intervenir de cette manière sur un média dont je suis responsable, en formulant des accusations infondées tout en prétendant m’adresser des injonctions, me paraît pour le moins inapproprié.

      Je vous invite donc à reconsidérer votre position avec davantage de mesure.

      Bien cordialement,

      Kylian Bay
      Journaliste & Fondateur du Bulletin Bordelais

      1. Monsieur, votre post était et est toujours présent sur le groupe Parempuyre!. Vos propos sont donc faux, à mon encontre comme à l’encontre des autres admins. Curieusement dans votre réponse vous n’abordez pas cela.
        En ce qui concerne le bannissement de votre compte sur ce groupe, il remonte à 7 mois, vous aviez certainement enfreint une règle. Je viens de le débloquer, mais curieusement, je n’ai pas accès à votre profil FB, et je ne vous ai pas bloqué… Notre modération concernant les municipales a été faite en fonction de nos règles, les trois listes étaient autorisées à y poster une fois par semaine. Vous n’avez pas à juger de quelle façon ce groupe est modéré, encore moins à me “faire une leçon”. Je vous demande de modifier votre propos quant au retrait de votre article, partagé par un faux profil, qui n’a jamais eu lieu. C’est un mensonge de votre part. La réalité est que votre article est sur le groupe Parempuyre!, et que personne jusqu’à maintenant ne l’a ôté. J’en reste là, j’attends juste que vous rétablissiez la vérité, ce qui serait honnête de votre part.
        Ce groupe FB est pour l’information pour tous les Parempuyriens, il est évident que nous n’enlevons pas n article d’un média ou d’un autre.

        Bon week end, j’attends juste la correction, voire le retrait de votre publication à l’encontre de mon groupe qui est absolument injustifié.
        Je vous ai envoyé en MP les captures d’écrans prouvant que votre article n’a jamais été retiré du groupe.

        1. Madame Couvidou,

          Dans votre précédent commentaire publié sur Le Bulletin Bordelais, vous indiquez que mon compte Facebook personnel aurait été banni du groupe « Parempuyre ! » il y a environ sept mois.

          Dans ces conditions, il est matériellement impossible que j’aie pu partager, par ce biais, l’article auquel vous faites référence aujourd’hui sur ce groupe.

          Par ailleurs, dans l’hypothèse où cette situation devait faire l’objet d’un examen approfondi, notamment auprès de la plateforme Meta, il apparaîtrait aisément que le partage de cet article ne provient pas d’un faux compte et ne peut m’être imputé. En l’espèce, je ne peux donc pas apporter les corrections que vous demandez dans votre commentaire. Bon week-end également… sur Le Bulletin Bordelais.

          Bien à vous.

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