Dans un coin du quartier animé de Belleville, à Paris, une petite chambre de 17 m² cache une étonnante success story.

Le Cercle

C’est là que Bakary Boudou, Mauritanien arrivé en France en 2003, a transformé un modeste espace en une cuisine pleine d’arômes, où se prépare le thieb, un plat ouest-africain emblématique. Mais ce qui fait vibrer cette histoire, c’est que Bakary n’est pas un cuisinier ordinaire : il a attiré une clientèle prestigieuse, incluant des stars comme Kaaris, Fary ou encore les artistes Djadja et Dinaz.

L’héritage culinaire d’une mère restauratrice

Bakary doit sa passion pour la cuisine à sa mère, restauratrice en Mauritanie, qui lui a transmis le goût des saveurs authentiques et des repas partagés. Arrivé en France dans des conditions difficiles, il a d’abord enchaîné les petits boulots dans la restauration, cumulant parfois trois emplois à la fois. Pendant sept ans, il a vécu sans papiers, affrontant les épreuves du quotidien avec une résilience qui force l’admiration.

« Je travaillais tous les jours, sans jamais prendre de vacances. Mais c’était pour me construire, pour espérer un avenir meilleur », confie-t-il.

La naissance d’un projet culinaire dans une chambre

La pandémie de Covid-19 a été un tournant. Confiné dans sa chambre du foyer de Belleville, Bakary a commencé à cuisiner pour ses voisins. Le parfum de ses plats a vite franchi les murs, attirant une clientèle croissante. Rapidement, des commandes affluent, parfois de très loin, et même des personnalités du monde du spectacle et de la musique viennent découvrir ses créations.

Kaaris, le célèbre rappeur, est venu en personne, accompagné d’une escorte impressionnante. Fary, humoriste de renom, a également fait le voyage pour savourer le fameux thieb. Pour Bakary, voir ces figures connues apprécier sa cuisine est une récompense inestimable.

« C’est une grande fierté pour moi. Ces gens-là ont accès aux meilleurs restaurants, et pourtant ils choisissent de venir dans mon petit coin de cuisine », raconte-t-il, ému.

Le thieb, un plat de partage et de réconfort

Le thieb, ou thiébou dieune, est un plat emblématique de l’Afrique de l’Ouest, souvent considéré comme l’ancêtre du jollof rice. Composé de riz, de poisson, de légumes mijotés et d’épices, il incarne la convivialité. Dans les mains de Bakary, ce plat prend une dimension unique : une combinaison d’authenticité et d’un savoir-faire acquis dans l’adversité.

Un avenir prometteur

Face à ce succès, Bakary a décidé de franchir une nouvelle étape. Il prévoit d’ouvrir son propre restaurant en février prochain, une concrétisation de ses rêves d’enfant. Avec l’aide de ses amis et le soutien de ses clients, il a déjé réuni les fonds nécessaires pour lancer cette nouvelle aventure.

« Je viens de très, très loin. Je n’aurais jamais cru en arriver là. Mais je suis la preuve que le travail et la détermination finissent toujours par payer », affirme-t-il.

L’histoire de Bakary est bien plus qu’un récit gastronomique. C’est une leçon de courage, de résilience et de passion. Elle nous rappelle que, même dans les situations les plus modestes, le talent et la détermination peuvent éclore pour réaliser des miracles. Dans sa petite chambre de 17 m², Bakary a su transformer des ingrédients simples en une histoire extraordinaire.

Il ne fait aucun doute que son futur restaurant deviendra une adresse incontournable à Paris, un lieu où la gastronomie et l’humanité se rencontreront pour raconter une histoire unique à chaque bouchée.

 

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