Il était un repaire chaleureux, une enclave québécoise en plein cœur de Bordeaux. Au Nouveau Monde, bar-brasserie connu pour ses bières artisanales et sa poutine généreuse, a fermé ses portes en décembre 2024, après neuf ans de succès.
L’établissement, véritable coup de cœur pour de nombreux habitués, tire sa révérence, laissant derrière lui une clientèle orpheline et une atmosphère qui ne trouvera sans doute pas d’équivalent.
À Bordeaux, les bars ne manquent pas. Mais Au Nouveau Monde n’était pas un simple établissement parmi d’autres. Niché au 2 rue des Boucheries, il offrait un voyage sensoriel : des saveurs venues d’outre-Atlantique, une sélection pointue de bières brassées sur place, une ambiance où l’accent québécois résonnait entre les murs en bois. Mieux encore, le bar ne se contentait pas de servir des verres : il initiait ses clients à l’art du brassage, une expérience rare qui attirait autant les curieux que les passionnés.
Son succès tenait aussi à son atmosphère. Ici, on venait autant pour déguster une poutine authentique que pour retrouver l’esprit convivial des pubs d’outre-mer. L’endroit dégageait une énergie particulière, un mélange de fête et de familiarité qui fidélisait une clientèle attachée à son ADN unique.

Une fermeture au goût amer
L’annonce de la fermeture a résonné comme un choc pour les habitués. Le 21 décembre 2024, Au Nouveau Monde a accueilli une dernière fois ses clients, transformant ce dernier service en une veillée de souvenirs et de toasts portés à neuf années d’histoire. Sur les réseaux sociaux, messages de soutien et hommages se sont multipliés.
Les propriétaires, touchés par l’émotion suscitée, n’ont pas détaillé les raisons exactes de cette fermeture. Mais à l’image de nombreux établissements indépendants, le bar a probablement été rattrapé par les défis du secteur : hausse des coûts, loyers élevés, mutation des habitudes de consommation.
Un symbole qui s’efface
La disparition d’Au Nouveau Monde marque bien plus que la fermeture d’un bar : elle signe la fin d’une parenthèse hors du temps. À Bordeaux, où les établissements se renouvellent sans cesse, rares sont ceux qui parviennent à s’imposer avec une identité aussi forte.
L’esprit de ce lieu, lui, restera gravé dans les souvenirs de ceux qui l’ont connu. Peut-être un jour renaîtra-t-il sous une autre forme, ailleurs dans la ville ou dans le cœur d’un passionné prêt à raviver sa flamme. Mais pour l’instant, Bordeaux perd un de ses repères les plus atypiques, et la rue des Boucheries, un peu de son âme.








