Le semi-marathon de Bordeaux est au cœur d’une controverse concernant l’utilisation présumée illégale de la reconnaissance faciale sur les participants et les spectateurs.
Une enquête du quotidien Le Monde, parue mercredi 19 mars, révèle que l’entreprise PhotoRunning, mandatée pour photographier l’événement, aurait employé cette technologie sans informer ni obtenir l’accord préalable des personnes concernées.
Lors de la dernière édition du semi-marathon, qui a réuni près de 13 000 participants le 1er décembre dernier, PhotoRunning proposait aux coureurs d’acheter leurs clichés personnalisés en indiquant simplement leur numéro de dossard. Cependant, selon les informations du Monde, cette procédure de tri automatique aurait été réalisée grâce à un logiciel de reconnaissance faciale capable d’identifier précisément chaque personne photographiée, y compris celles n’ayant jamais donné leur consentement explicite.
Plus grave encore, la technologie n’aurait pas uniquement ciblé les coureurs. Des visages de spectateurs, parmi lesquels des mineurs, auraient également été traités par ce dispositif biométrique, constituant une violation probable du Règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD).
Pour étayer ces affirmations, les journalistes du Monde ont soumis au test trois clichés représentant des jeunes présents sur le parcours : le logiciel les aurait immédiatement reconnus, confirmant ainsi que leur visage avait bel et bien été enregistré à leur insu.
La CNIL interpellée, l’organisateur tente de se justifier
La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) rappelle fermement que le recours à ce type de reconnaissance biométrique est strictement encadré par la loi : son utilisation est en principe interdite sans un consentement libre, spécifique et clairement exprimé des personnes concernées.
Face aux accusations, l’organisateur de l’événement, le Stade Bordelais, promet désormais une vigilance accrue quant aux pratiques de ses prestataires. De son côté, l’entreprise PhotoRunning nie toute utilisation généralisée de la reconnaissance faciale, assurant qu’elle réservait ce procédé uniquement aux participants l’ayant explicitement demandé.
Néanmoins, plusieurs témoignages de coureurs recueillis par les journalistes contredisent cette version : certains assurent avoir pu accéder à leurs images sans avoir fourni au préalable de selfie nécessaire à l’identification.
Cette affaire relance le débat autour des risques liés à l’usage non encadré de ces technologies biométriques lors d’événements grand public, posant de sérieuses questions sur le respect de la vie privée.








