Ils dénoncent une injustice qui mine, selon eux, l’égalité des chances. Samedi dernier, la faculté de pharmacie de Bordeaux a accueilli l’assemblée générale de l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France (ANEPF).
Une centaine d’étudiants venus de différentes filières – médecine, maïeutique, dentaire, kinésithérapie – ont pris la parole autour d’un sujet devenu brûlant : l’influence croissante des préparations privées dans l’accès aux études de santé.
En ligne de mire : les organismes commerciaux qui fleurissent aux abords des campus et promettent, moyennant des sommes souvent conséquentes, de maximiser les chances de réussite aux concours d’entrée. Face à ces acteurs marchands, les étudiants défendent un autre modèle, fondé sur la solidarité : celui du tutorat universitaire, gratuit, souvent animé par des bénévoles issus des promotions supérieures.
« On vend la réussite à ceux qui peuvent payer », regrette un étudiant en deuxième année de pharmacie, croisé dans les couloirs du campus.
L’argument revient dans de nombreuses prises de parole : ces dispositifs privés, qui peuvent coûter plusieurs milliers d’euros par an, instaureraient une sélection par l’argent, au détriment de l’équité scolaire.
Une enquête récente de l’ANEPF révèle pourtant un frémissement : l’attractivité des prépas privées recule. Moins d’un étudiant sur cinq en pharmacie y a eu recours en 2024, contre près de 28 % en 2018. En parallèle, les tutorats progressent, mais restent en butte à un déficit de reconnaissance.
Au-delà du constat, les étudiants formulent des demandes claires. Parmi elles : l’interdiction du démarchage publicitaire des prépas privées dans l’enceinte des universités, une meilleure visibilité des tutorats lors des salons d’orientation, et un soutien accru de l’État à ces dispositifs associatifs.
Si les pouvoirs publics ne réagissent pas, alertent plusieurs intervenants, le fossé continuera de se creuser entre les étudiants favorisés et les autres.
« On défend une idée simple : que la réussite ne soit pas une affaire de portefeuille », résume un étudiant de médecine.
À Bordeaux comme ailleurs, la bataille pour un accès plus juste aux études de santé ne fait que commencer.

