Bordeaux : un client sauvagement agressé devant la discothèque La Plage, l’inaction des vigiles en question

Dans la nuit du 24 au 25 janvier 2025, une violente agression s’est déroulée aux abords de la discothèque La Plage, à Bordeaux.

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Un déchaînement de brutalité qui interroge sur la responsabilité des établissements nocturnes face à la sécurité de leur clientèle, ainsi que sur l’essor des violences urbaines dans la métropole.

Un passage à tabac d’une violence extrême

Un client dans la trentaine quittait la discothèque “La Plage” en compagnie d’un ami, quand il a été pris à partie par un individu tentant de le dépouiller. Face à sa résistance, le malfaiteur s’est d’abord enfui avant de revenir quelques instants plus tard, accompagné de sept complices.

Le groupe a alors roué de coups la victime sans relâche, sous les yeux des portiers de l’établissement, postés de l’autre côté de la rue. Ni l’équipe de sécurité ni le personnel de la boîte de nuit n’ont tenté d’intervenir pour venir en aide à leur client.

Choquée par la scène, une dizaine de passants se sont mobilisés pour repousser les agresseurs et former un cordon de sécurité autour de la victime. Mais la violence des coups assénés a laissé des séquelles : l’homme a perdu connaissance dans une marre de sang, et son cuir chevelu a été partiellement scalpé.

Alertés, les secours sont arrivés et ont pris en charge la victime, qui a par la suite déposé plainte contre X. Elle attend désormais des examens médicaux pour évaluer d’éventuelles complications liées à l’agression.

Ils m’ont attaqué à plusieurs, m’ont volé mon téléphone et m’ont laissé gisant dans une mare de sang. Je n’étais pas sorti en boîte depuis plusieurs années, mais j’ai voulu faire plaisir à un ami venu me rendre visite à Bordeaux. En retour, j’ai été lynché gratuitement, sous les yeux des portiers de La Plage, qui n’ont même pas réagi.” témoigne la victime auprès du Bulletin Bordelais.

Les discothèques face à leur devoir de sécurité

Ce drame pose une question centrale : les établissements nocturnes peuvent-ils se dédouaner de toute responsabilité lorsqu’un client se fait lyncher à quelques mètres de leur entrée ?

En France, la loi impose aux exploitants de discothèques une obligation de sécurité de moyens. Autrement dit, ils doivent mettre en place des mesures préventives pour assurer la sûreté de leurs clients, sans toutefois être tenus à une obligation de résultat.

Cependant, l’inaction des vigiles face à un tel niveau de violence pourrait constituer une faute. La jurisprudence tend en effet à considérer qu’un établissement peut être mis en cause s’il ne prend pas les mesures nécessaires pour prévenir ou stopper une agression manifeste.

Dans ce cas précis, l’absence de réaction du service de sécurité pourrait être perçue comme un manquement grave à son obligation. Un client doit-il être en danger de mort pour qu’une intervention soit jugée nécessaire ? La question se pose, et la justice devra trancher.

Bordeaux, un terrain propice aux guet-apens nocturnes

Ce type d’agression n’a rien d’exceptionnel. Ces dernières années, les violences ciblant les noctambules se sont multipliées à Bordeaux, notamment aux abords des boîtes de nuit et bars du centre-ville.

Des bandes organisées exploitent la vulnérabilité des clients alcoolisés pour leur tendre des pièges, allant du vol simple au racket brutal, parfois avec une extrême violence.

  • Entre 2015 et 2024, les autorités ont recensé une hausse de près de 40 % des agressions en sortie de discothèques à Bordeaux.
  • Sur la même période, plus d’une trentaine de faits similaires ont été signalés devant La Plage, dont plusieurs ayant nécessité une prise en charge hospitalière.
  • En 2023, Bordeaux figurait parmi les cinq villes françaises les plus touchées par la délinquance nocturne.

Ces chiffres confirment une tendance inquiétante : la nuit bordelaise est devenue un terrain de chasse pour les agresseurs, et la sécurisation des lieux festifs reste un enjeu majeur.

Nous avons contacté le directeur de l’établissement (Patrick Lalanne), mais pour l’heure il ne s’est pas exprimé à ce sujet auprès du Bulletin Bordelais.

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