Des récents rapports ont mis en avant la présence de substances perfluoroalkylées (PFAS), également appelées “polluants éternels”, dans l’eau potable de Bordeaux.
Bien que les analyses aient relevé des concentrations bien en deçà des seuils autorisés par la réglementation française, la découverte soulève des interrogations sur la qualité et la sécurité à long terme de l’eau distribuée aux habitants. Ces substances, connues pour leur extrême persistance dans l’environnement, appellent à une vigilance accrue.
Les usages et dangers des PFAS
Les PFAS, utilisées depuis des décennies dans divers produits industriels et de consommation pour leurs propriétés hydrofuges et antiadhésives, se retrouvent dans les textiles, les emballages alimentaires ou encore les mousses anti-incendie. Ces composés chimiques sont extrêmement difficiles à éliminer une fois libérés dans l’environnement, ce qui en fait une préoccupation majeure pour les scientifiques et les autorités sanitaires.
Concentrations relevées à Bordeaux : des seuils contrastés

D’après les données disponibles, la concentration relevée dans l’eau potable bordelaise atteint 9,5 nanogrammes par litre (ng/l), un niveau nettement en dessous du seuil réglementaire français de 100 ng/l mais qui dépasse la norme danoise plus stricte de 2 ng/l. Cette disparité dans les seuils met en évidence la nécessité d’une harmonisation européenne des réglementations en matière de polluants persistants. Les experts soulignent également que l’accumulation de ces substances dans l’organisme humain pourrait avoir des conséquences sanitaires, notamment sur le système immunitaire et endocrinien. Certaines études suggèrent par ailleurs des liens entre l’exposition prolongée aux PFAS et des pathologies graves comme le cancer, des troubles de la fertilité, ou encore des dysfonctionnements métaboliques.
Vers des solutions et des régulations renforcées
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) poursuit ses travaux pour évaluer les risques à long terme associés à ces substances. Cette démarche pourrait conduire à un renforcement des réglementations existantes pour limiter leur présence dans les ressources en eau. Les efforts de recherche incluent également le développement de techniques plus avancées de filtration et de traitement de l’eau, comme l’utilisation de charbons actifs ou de procédés d’osmose inverse, qui se sont démontrés efficaces dans la réduction des concentrations de PFAS. Cependant, ces solutions restent coûteuses et difficiles à mettre en œuvre à grande échelle.
La société civile et la responsabilisation des industries
Par ailleurs, certains acteurs de la société civile appellent à une meilleure transparence et à des campagnes de sensibilisation afin d’informer les populations sur les risques liés aux PFAS et les moyens de s’en protéger.
Ils plaident également pour une responsabilisation accrue des industries utilisant ces substances, avec des mesures visant à limiter leur production et leur rejet dans l’environnement.
Enfin, une coopération internationale pourrait s’avérer essentielle pour coordonner les efforts et partager les avancées scientifiques dans ce domaine complexe.

