Le calme apparent des palais de justice cache rarement longtemps ce qui gronde en coulisses. À Bordeaux, la rupture est désormais officielle.
Ce jeudi 2 avril, les quelque 2 300 avocats du Barreau bordelais ont enclenché un arrêt total de leurs activités, reconductible jusqu’au 13 avril. Le déclencheur : le projet de loi dit « SURE », porté par le garde des Sceaux Gérald Darmanin, qui prévoit d’introduire une procédure de plaider-coupable en matière criminelle — jusqu’ici réservée aux seules infractions délictuelles.
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Le texte répond à un constat réel : les juridictions criminelles sont engorgées, les délais de jugement s’allongent. En étendant ce mécanisme aux crimes, l’exécutif espère fluidifier les procédures.
Le ministère insiste :
la mesure resterait soumise au triple accord de la victime, du prévenu et du parquet, sans supprimer les juridictions existantes.
Mais c’est précisément cette architecture que les avocats rejettent. Réduire un crime à un aveu homologué, sans audience publique, c’est selon eux substituer une logique gestionnaire à une logique de vérité. Ils soutiennent également que les victimes, loin d’être protégées, seraient privées de la parole que seul un procès traditionnel leur garantit pleinement.
Concrètement, la grève se traduit par un gel quasi total des audiences et des permanences juridiques.


La revendication, elle, est sans ambiguïté : le retrait pur et simple du projet de loi. Le Sénat l’examine en commission le 8 avril, puis en séance plénière le 13 avril — date à laquelle la grève s’achève, ou s’intensifie.

