Information Bulletin Bordelais : une transaction séduisante sur le papier, suivie d’une panne en moins de dix jours. Derrière l’achat d’un véhicule d’exception, un litige met en cause les responsabilités de l’agence Ewigo Cestas.
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En parcourant la presse locale, un nouvel acheteur de véhicule d’occasion, Monsieur P.M.D.O, tombe sur un article du Bulletin Bordelais évoquant un litige similaire au sien, mais impliquant une agence Ewigo située à Eysines, paru le 19 février 2025. La lecture de cet article agit comme un révélateur pour lui.
« Quand j’ai lu cet article, je me suis rendu compte que les gérants de Ewigo Cestas sont exactement les mêmes gérants qu’à l’agence Ewigo Eysines, et c’est presque exactement ce qui s’est passé pour moi. »
P.M.D.O
Un parallèle troublant, qui pousse P.M.D.O à approfondir ses recherches. Rapidement, les similitudes apparaissent nombreuses : mêmes interlocuteurs, même type de transaction, et des difficultés comparables après la vente.
« Je me suis dit “mais attendez c’est une blague ou quoi ?” »,
confie-t-il.
Face à ces éléments, l’acheteur décide de prendre contact avec la rédaction du Bulletin Bordelais afin de faire connaître sa situation.
« C’est pour ça que j’ai moi aussi contacté Le Bulletin Bordelais, je veux témoigner de ce qui m’arrive. »
Dans le cadre de ce nouveau témoignage, Le Bulletin Bordelais tente de joindre la direction nationale du réseau Ewigo. Des sollicitations sont adressées à Florent Barboteau, Directeur de la société Ewigo Développement et franchiseur du réseau, mais ces démarches restent sans réponse. Le dirigeant ne donne pas suite aux prises de contact, que ce soit par mail ou par téléphone. Une absence de réaction qui contraste avec une précédente prise de parole datant de 2025, à l’occasion de l’article consacré à l”agence Ewigo d’Eysines. Dans ce précédent cas, la situation avait déjà suscité des tensions, notamment après un échange conflictuel entre la direction d’Ewigo et la rédaction, qui avait débouché sur la publication d’un droit de réponse.
Retour sur la situation de P.M.D.O
Le 6 décembre 2025, P.M.D.O fait le déplacement en avion pour venir en Gironde et rejoindre Cestas, afin d’acquérir une Audi RS4 présentée comme rare sur le marché français. Le véhicule, affichant environ 85 500 kilomètres, est vendu près de 47 000 euros par l’agence Ewigo de Cestas, spécialisée dans la mise en relation entre particuliers.
Séduit par l’état apparent du véhicule et par les avis positifs associés à l’agence de Cestas, l’acquéreur décide de concrétiser l’achat sur place. Une garantie supplémentaire à 1 300 euros lui aurait été proposée, mais il la refuse catégoriquement.
« Quand j’ai regardé les détails de la garantie ça indiquait clairement qu’elle ne garantissait pas les véhicules qui sont âgés de plus de 10 ans. Je ne veux pas prendre de risque donc je ne veux pas cette garantie. »
P.M.D.O
Avant de repartir, l’acheteur demande la réalisation d’une vidange ainsi qu’une purge du liquide de refroidissement. Puis il entame un trajet d’approximativement 1 000 kilomètres pour retourner dans la Lorraine à bord du véhicule.
Les premiers signaux apparaissent très rapidement.
« 300 Km après avoir roulé, je me suis arrêté pour dormir quelque part, et le lendemain je remarque que la jauge d’huile moteur est déjà à presque la moitié, je trouve ça bizarre. »
P.M.D.O
L’acheteur constate également autre chose :
« un bruit étrange “tic tic tic” qui vient du moteur et se fait uniquement à chaud. »
P.M.D.O
Aucun voyant ne s’allume alors sur le tableau de bord. Malgré ces anomalies, le véhicule parvient à rejoindre la Lorraine. L’acheteur contacte immédiatement le responsable de l’agence Ewigo Cestas, qui lui conseille de consulter un garage local. Mais la situation se dégrade avant toute prise en charge.
« 10 jours plus tard sur l’autoroute la voiture s’immobilise complètement, elle fait un bruit bizarre et plusieurs voyants s’allument. »
P.M.D.O
Le véhicule est remorqué et immobilisé depuis le 20 décembre 2025.
« En gros j’ai à peine fait 2 000 kilomètres en roulant 9 jours avec, et le véhicule est devenu inutilisable. »
P.M.D.O
Un premier diagnostic révèle une absence totale de compression dans un cylindre. L’expertise est ensuite confirmée chez un concessionnaire Audi avec la présence de deux experts et d’un technicien spécialisé, en la présence du responsable de l’agence Ewigo Cestas qui a fait le déplacement jusqu’à Strasbourg.
« Il n’y a plus du tout de compression dans un des cylindre (dans le numéro huit). »
P.M.D.O
Les conséquences sont lourdes selon l’acheteur : dépose complète du moteur, intervention sur la boîte de vitesses et remplacement de l’ensemble mécanique. Le coût estimé des réparations atteint environ 40 000 euros.
L’acheteur souligne l’hypothèse d’un vice caché, immobilisant, non décelable par un particulier et présent avant la vente. Dans le même temps, d’autres éléments viennent alimenter le dossier de litige. Avant la transaction, le véhicule avait déjà connu une panne liée au système multimédia MMI, nécessitant une intervention chez Audi.
« Ils avaient dû aller chez Audi pour réparer l’écran mais l’autoradio avait sauté. Une réparation partielle avait été proposée, avec l’envoi d’un autoradio à installer ultérieurement. »
P.M.D.O
Lors de l’expertise, le responsable de l’agence Ewigo Cestas avance l’hypothèse d’un mauvais carburant. Une piste rapidement écartée.
« Les experts ont regardé et ont démonté cet argument car le carburant était le bon. »
P.M.D.O
Malgré la présence du représentant de l’agence lors de l’expertise, aucune solution concrète n’est proposée selon l’acheteur.
« Les seuls mots que le responsable a eu envers moi c’est “Je suis désolé”. »
P.M.D.O
L’acheteur explique que l’agence Ewigo de Cestas maintient sa position en se présentant comme simple intermédiaire. Qu’elle renvoie la responsabilité vers l’ancien propriétaire, présenté comme vendeur direct du véhicule.
« Eux ils veulent que je me retourne contre le particulier. »
P.M.D.O
La question des garanties reste également au cœur du litige. L’extension initialement proposée, jugée inadaptée, a été refusée. La garantie finalement souscrite ne couvre pas la panne moteur, laissant l’acquéreur P.M.D.O sans solution technique ou financière. Par ailleurs, l’acheteur évoque le dispositif commercial « Label Fiable ou Remboursé », dont l’application est refusée par l’agence Ewigo Cestas. Celle-ci estime selon P.M.D.O que les conditions ne sont pas réunies, notamment en raison du nombre de pannes constatées.
Face à l’absence de réponse satisfaisante, plusieurs démarches sont engagées par l’acheteur : contacts avec le service client national, mises en demeure, et procédure judiciaire.
« J’ai fait des mises en demeure mais malgré toutes les preuves Ewigo ne veut rien faire. »
P.M.D.O
Aujourd’hui, le véhicule est toujours immobilisé, générant des frais annexes importants : assurance et immobilisation financière.
« Moi je me retrouve avec une épave que j’ai payé 47 000 euros, et on me demande de payer 40 000€ de réparation. »
P.M.D.O
Après plusieurs mois sans issue, la position de l’acheteur s’est durcie. Initialement ouvert à une prise en charge des réparations de la part de Ewigo Cestas, P.M.D. Oréclame désormais une résolution totale du litige.
« Moi ce que je demande c’est l’annulation de la vente et le remboursement de la voiture. »
Et de conclure :
« reprenez votre voiture et remboursez moi si vous voulez que j’arrête les procédures judiciaires. »
Qu’en pense la direction de l’agence Ewigo Cestas ?
Dans ce contexte, le responsable des agences de Cestas et d’Eysines, identifié comme A.P., a répondu aux sollicitations du Bulletin Bordelais. Il rappelle d’emblée que le réseau Ewigo agit comme simple intermédiaire dans des transactions entre particuliers, et qu’à ce titre, la responsabilité directe de la marque ne saurait être engagée dans ce dossier.
Sur le fond, plusieurs éléments sont avancés. Selon lui, l’acheteur avait connaissance d’un dysfonctionnement affectant le système multimédia (MMI) avant la livraison du véhicule. Deux jours avant la remise des clés, celui-ci avait été confié à un garage Audi situé à Artigues-près-de-Bordeaux, afin d’être diagnostiqué.
D’après A.P., aucune anomalie moteur ni défaut majeur n’avait alors été détecté. Le diagnostic réalisé deux jours auparavant, avait conduit à la réparation de la boucle optique ainsi qu’à une préconisation de remplacement de l’autoradio défaillant, solution qui aurait été acceptée par l’acheteur avant la livraison. Ce point, précise-t-il, ne fait l’objet d’aucune contestation.
Le responsable de l’agence Ewigo Cestas souligne également que le véhicule était présenté dans le cadre d’un suivi dit « full entretien » et qu’il s’agissait d’une première main, des éléments censés attester de la qualité de son historique.
Concernant la gestion de la panne, A.P. revient sur les premières démarches engagées après l’incident. Il indique que le véhicule a initialement été confié à un garage multimarque, un choix qu’il juge inadapté au regard de la technicité du moteur. Ce premier établissement aurait relevé plusieurs anomalies — batterie, 8 bougies et bobines d’allumage — donnant lieu à une facture d’environ 1 800 euros, payée par l’acheteur. Une analyse que A.P estime erronée.
A.P évoque par ailleurs un refus initial de l’acheteur de se rendre dans un réseau agréé Audi, ce qui aurait, selon lui, retardé la prise en charge du véhicule. La situation a finalement évolué vers une expertise réalisée dans un garage Audi à Strasbourg, en présence de l’acheteur, de son expert, de l’expert mandaté par le vendeur, et de A.P lui-même. Lors de cette expertise, un dysfonctionnement affectant le cylindre numéro 8 a été constaté. Toutefois, A.P. souligne qu’à ce jour, aucun rapport d’expertise définitif n’a été rendu par l’expert de l’acheteur. En conséquence, A.P estime que la qualification de vice caché ne peut pas être retenue de manière officielle à ce stade.
A.P reconnaît en revanche que l’hypothèse initiale d’un carburant inadapté a été écartée lors des analyses techniques, rejoignant ainsi les conclusions évoquées précédemment par l’acheteur. Par ailleurs, A.P. indique avoir poursuivi ses propres recherches. Il affirme avoir été contacté récemment par un expert extérieur au dossier, qui lui aurait signalé un cas similaire sur un véhicule équivalent. Dans cette situation, le problème aurait été résolu par un simple décalaminage.
Sur cette base, il avance l’hypothèse que la panne du véhicule acheté par P.M.D.O pourrait être moins grave qu’annoncé. Il suggère d’activer la protection juridique afin de financer cette intervention et d’en vérifier les effets avant toute conclusion définitive.
Le responsable évoque également un climat de tension croissant autour du dossier. Selon lui, certains professionnels seraient réticents à intervenir, notamment en raison de la complexité technique du véhicule et du contexte judiciaire engagé par P.M.D.O .
Et selon l’expertise ?
De son côté, le journal Le Bulletin Bordelais a contacté l’expert en charge du dossier. Ce dernier a refusé de s’exprimer à ce stade, précisant que son rapport serait transmis à l’assureur la semaine prochaine. Il a toutefois ajouté, de manière jugée inappropriée par la rédaction et dans le contexte, que
« le journalisme est un triste métier pour le respect de la vie privée ».
À ce jour, aucune conclusion officielle ne vient donc confirmer l’existence d’un vice caché. Toutefois, la remise imminente du rapport d’expertise pourrait faire évoluer significativement la situation dans les prochains jours.












