Ambarès-et-Lagrave : un projet de mosquée rejeté par la mairie, relancé par la justice
Jean dans lassalle

La commune d’Ambarès-et-Lagrave est au cœur d’un débat sensible autour de la construction de lieux de culte musulmans.

Deux projets de mosquées étaient en cours d’instruction depuis octobre 2023, mais début février 2024, le maire Nordine Guendez a décidé de refuser l’un d’eux. Une décision qui n’a pas clos le dossier pour autant, puisqu’une nouvelle évolution a eu lieu en 2025, venant questionner l’avenir de ces initiatives et la gestion des projets religieux dans la commune.

Un projet controversé et un rejet municipal en 2024

L’association Ibn Sina portait l’un des deux projets, avec l’ambition d’implanter un centre cultuel et culturel musulman dans un quartier pavillonnaire. Cependant, cette initiative a suscité de vives réactions au sein de la population locale.

L’inquiétude s’est amplifiée lorsque des riverains ont découvert une collecte de fonds en ligne destinée à financer ce projet. Face aux interrogations et aux tensions croissantes, le groupe d’opposition municipale “Unis pour Ambarès-et-Lagrave”, incluant des membres du Rassemblement national, a in

terpellé la municipalité en septembre 2024. Les élus ont exprimé des préoccupations sur l’impact de cette future mosquée, évoquant des risques de nuisances sonores, de stationnement insuffisant et d’inadéquation avec le plan local d’urbanisme (PLU).

En réponse, le maire a organisé une conférence sur la laïcité en octobre 2024, affirmant que la mairie ne peut ni financer ni interdire un lieu de culte, mais qu’elle doit veiller au respect des normes en vigueur. Toutefois, après examen du dossier, il a décidé en février 2024 de refuser le permis de construire de l’association Ibn Sina. Les raisons invoquées incluaient des irrégularités administratives, l’absence de solution de stationnement adaptée et la présence d’une nappe phréatique sous le terrain concerné.

L’association a eu deux mois pour contester la décision, laissant entrevoir de nouvelles démarches judiciaires.

Un deuxième projet toujours à l’étude

Un autre projet de mosquée, porté cette fois par le Centre Musulman de Bordeaux, est resté en suspens. À la différence du premier, cette initiative repose sur la transformation d’une sa

lle des fêtes existante en un lieu de culte, nécessitant principalement un changement d’affectation. Un processus administratif plus simple, bien que toujours soumis à l’approbation des autorités locales.

L’imam Tareq Oubrou, engagé dans le projet, a souligné que cette nouvelle mosquée était essentielle pour désengorger la mosquée de Cenon, dont la capacité d’accueil est régulièrement dépassée.

Une décision de justice en 2025 qui relance le débat

Si la décision du maire semblait avoir mis fin à l’un des projets en 2024, l’affaire a pris un nouveau tournant en 2025, lorsquele tribunal administratif a annulé le refus du permis de construire pour le projet de l’association Ibn Sina.

Le jugement a estimé que la municipalité n’avait pas suffisamment justifié son refus, en particulier en ce qui concerne les critères d’urbanisme et d’impact environnemental. Cette décision oblige désormais la mairie à réexaminer le dossier, tout en alimentant un débat plus large sur la place des lieux de culte dans l’espace public, le respect des principes de laïcité et la gestion des demandes communautaires par les élus locaux.

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